La République Islamique de Mauritanie est située en Afrique de l'Ouest entre le 15° et le 27° degré de latitude nord et les 5° et 17° degré de longitude ouest. Elle couvre une superficie de 1,030,700 km² et est limitée au nord par le Maroc et l'Algérie, à l'est par le Mali, au sud par le Mali et le Sénégal, et à l'ouest par l'océan Atlantique avec une façade maritime d'environ 700 km. La population mauritanienne est estimée à 4,927,532 habitants d'après les résultats du RGPH 5 réalisé en 2023. Plus des trois quarts du territoire sont désertiques ou semi-désertiques.
Le potentiel de terres agricoles est estimé à 513,000 ha, tous systèmes de culture confondus (SDSR, 2013). Les zones écologiques sont au nombre de quatre : (i) la zone aride ou saharienne, (ii) la zone sahélienne, (iii) la zone de la vallée du fleuve Sénégal et (iv) la zone maritime (PNDA, 2015).
L'économie mauritanienne repose principalement sur le secteur extractif (fer, or et cuivre), la pêche maritime, l'agriculture et l'élevage. En 2025, la Mauritanie a rejoint les pays africains producteurs de gaz, avec l'entrée en production du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA) (BAD, 2025).
| Secteur | Part du PIB (2024) | Caractéristiques notables |
|---|---|---|
| Industries extractives | 19% | Fer, or, cuivre, gaz (GTA depuis 2025) |
| Agriculture et élevage | 15.4% | Autosuffisance en viande rouge |
| Pêche | 3.3% | L'une des côtes les plus poissonneuses au monde |
Le secteur agricole (cultures et élevage) représente 15.4% du PIB et près de la moitié de l'emploi rural. L'élevage, auquel 80% de la population rurale participe directement ou indirectement, en constitue le sous-secteur dominant. La superficie agricole utile n'est que de 513,000 ha, soit 0.5% du territoire national.
Le secteur de l'élevage contribue significativement à l'économie nationale, avec une part de 10.3% dans la formation du PIB en 2024 et 66.8% de la valeur ajoutée agricole. En matière d'emploi, le secteur représente près de 11% des emplois nationaux et génère des revenus pour environ 60% de la population (DSCSE, 2024).
La Mauritanie s'est dotée en 2013 d'une Stratégie de Développement du Secteur Rural (SDSR) et d'une loi d'orientation agropastorale. Depuis 2014, l'élevage a été érigé en ministère à part entière, dont l'objectif stratégique demeure de promouvoir un secteur intensif et compétitif, par le développement des filières animales et la valorisation de l'élevage extensif (PNDE, 2018-2025).
Malgré ce potentiel considérable, le secteur reste confronté à des contraintes structurelles majeures : sécheresses récurrentes, absence de chaîne de froid, accès limité au crédit, information de marché insuffisante et commerce transfrontalier majoritairement informel, ce qui conduit à une sous-évaluation systématique de la contribution réelle du secteur à l'économie nationale.
| Indicateur | Valeur | Année | Source officielle |
|---|---|---|---|
| PIB national (USD courants) | 10.91 milliards USD | 2024 | Banque mondiale |
| Agriculture en % du PIB | 15.4% | 2024 | NASMO 2024 |
| PIB agricole (USD courants) | 1.680 milliard USD2 | 2024 | Banque mondiale ; NASMO 2024 |
| Élevage en % du PIB | 10.3% | 2024 | DSCSE/NASMO |
| Élevage en % du PIB agricole | 66.8% | 2024 | DSCSE |
| PIB élevage (USD courants) | 1.123 milliard USD3 | 2024 | Banque mondiale ; DSCSE |
| Population de bovins | 6,147,368 | 2024 | ANSADE / RGE-2024 |
| Population d'ovins | 13,915,459 | 2024 | ANSADE / RGE-2024 |
| Population de caprins | 7,275,809 | 2024 | ANSADE / RGE-2024 |
| Population de camelins | 2,001,277 | 2024 | ANSADE / RGE-2024 |
| Population pastorale1 | 561,708 | 2019 | ANSADE/EPCV 2019 |
| % de la population pastorale1 | 13.46% | 2019 | ANSADE/EPCV 2019 |
| 1 Ce chiffre désigne la population dont le pastoralisme est l'activité principale (93,618 ménages dénombrés par l'enquête EPCV 2019, à raison de 6 personnes par ménage en moyenne) ; il ne doit pas être confondu avec le chiffre « plus de 60% des ménages » cité dans les messages clés, qui renvoie à la population tirant des revenus liés à l'élevage au sens large (DSCSE, définition plus inclusive). Ces chiffres ont évolué depuis 2019, la population totale passant de 4,173,078 en 2019 à 4,927,532 en 2023 (RGPH 5). Une enquête EPCV a été réalisée en 2025, mais le rapport n'est pas encore disponible. | |||
| 2 Calculé à partir du PIB national (Banque mondiale, 2024) × part de l'agriculture dans le PIB (NASMO, 2024). | |||
| 3 Calculé à partir du PIB national (Banque mondiale, 2024) × part de l'élevage dans le PIB (DSCSE, 2024). | |||
Le secteur de l'élevage est un grand pourvoyeur de revenus, notamment en milieu rural où il constitue la première source d'emploi. Selon le RGE, l'élevage représente près de 11% des emplois nationaux et génère des revenus pour environ 60% de la population. Cette importance se reflète également dans la lutte contre la pauvreté et la sécurité alimentaire (DSCSE, 2024).
Les données sur la génération de revenus des ménages pastoraux restent non exhaustives. Néanmoins, trois études fournissent des informations utiles :
Enquête de référence du PRAPS-MR (2017-2018)
Dans le cadre de la mise en œuvre du PRAPS 1 en Mauritanie, la première enquête de référence a été réalisée d'octobre 2017 à mars 2018 (rapport final déposé en juillet 2018), couvrant 8 wilayas et échantillonnant 440 ménages dans les régions de Hodh Ech Chargui, Hodh El Gharbi, Assaba, Tagant, Guidimakha, Gorgol, Brakna et Trarza (Wane et al., 2017).
Les ménages pastoraux et agropastoraux enquêtés ont généré en moyenne 84,365.9 MRU (2,109 USD) de revenus monétaires (hors autoconsommation) et 163,761.7 MRU (4,094 USD) de revenus globaux (incluant l'autoconsommation).
Évolution des revenus des ménages agropastoraux (2020-2021)
Une analyse des évolutions des revenus menée en 2021 sur un échantillon de 353 ménages a révélé que le revenu global par ménage était de 106,961 MRU (2,674 USD) en 2020. La comparaison avec la période de référence révèle une amélioration globale de la situation économique des ménages mauritaniens, la Mauritanie se distinguant comme le pays sahélien avec la plus forte hausse de revenus (+34%) entre 2017 et 2020 (Wane et al., 2024).
Étude FAO/ODSAZAM (2022)
L'étude de la FAO, réalisée avec l'appui de l'Organisation pour le développement des zones arides et semi-arides en Mauritanie (ODSAZAM), a porté sur un échantillon de 1,050 ménages dans cinq wilayas (Assaba, Guidimakha, Gorgol, Hodh El Chargui et Hodh El Gharbi). Le revenu global brut par ménage s'y élève à 203,450 MRU (5,642 USD). Les ventes animales contribuent à hauteur de 72% des revenus d'élevage, contre 27% pour l'autoconsommation et 2% pour les ventes de produits laitiers (Ndiaye et al., 2025).
En combinant les données de ces trois études, on obtient un revenu moyen de 158,057 MRU (3,951 USD). On constate également que la part des ventes d'animaux sur pied a augmenté au fil des années.
Selon les résultats du RGE, le secteur de l'élevage est un grand pourvoyeur d'emploi avec 589,626 travailleurs, dont 25% de femmes. La majorité (90%) des travailleurs sont permanents et 7.8% sont des travailleurs irréguliers ou temporaires.
Les travailleurs du secteur de l'élevage sont constitués principalement d'éleveurs (74%) et de bergers (22%). Les autres métiers (vétérinaires, zootechniciens, etc.) se partagent moins de 4% des employés. La répartition géographique montre que 50% des travailleurs se concentrent dans les wilayas du Hodh Chargui (25%), Hodh El Gharbi (13%) et Assaba (12%).
| Wilaya | Sexe | Statut d'emploi | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Hommes | Femmes | Emploi total | Permanents | Irréguliers ou temporaires | Saisonniers | Emploi total | |
| Hodh Chargui | 127,951 | 19,630 | 147,581 | 129,711 | 13,243 | 4,627 | 147,581 |
| Hodh El Gharbi | 61,919 | 14,229 | 76,148 | 66,460 | 8,194 | 1,494 | 76,148 |
| Assaba | 56,732 | 15,690 | 72,422 | 65,960 | 4,260 | 2,202 | 72,422 |
| Gorgol | 49,572 | 16,820 | 66,392 | 60,868 | 4,885 | 639 | 66,392 |
| Brakna | 50,343 | 15,003 | 65,346 | 58,165 | 6,553 | 628 | 65,346 |
| Trarza | 45,333 | 12,656 | 57,989 | 52,931 | 3,843 | 1,215 | 57,989 |
| Adrar | 6,430 | 3,382 | 9,812 | 9,572 | 223 | 17 | 9,812 |
| Nouadhibou | 3,788 | 766 | 4,554 | 4,376 | 135 | 43 | 4,554 |
| Tagant | 14,937 | 3,842 | 18,779 | 17,997 | 686 | 96 | 18,779 |
| Guidimakha | 38,113 | 5,068 | 43,181 | 39,307 | 3,005 | 869 | 43,181 |
| Tiris Zemmour | 4,119 | 1,120 | 5,239 | 4,981 | 242 | 16 | 5,239 |
| Inchiri | 2,025 | 837 | 2,862 | 2,711 | 132 | 19 | 2,862 |
| Nouakchott | 11,850 | 7,471 | 19,321 | 18,578 | 738 | 5 | 19,321 |
| National | 473,112 | 116,514 | 589,626 | 531,617 | 46,139 | 11,870 | 589,626 |
| Source : RGE, 2024 | |||||||
Le pastoralisme a longtemps souffert des années de pluies faibles et irrégulières, émaillées de deux sécheresses régionales sévères en 1972-1973 et 1983-1984 (Hiernaux et al., 2014). Malgré les années de sécheresse, l'élevage continue d'être une activité économique importante et reste le secteur le plus redistributeur de revenus (PNDE, 2015).
L'élevage pastoral joue un rôle fondamental dans la résilience des populations et des écosystèmes, particulièrement en zones arides et semi-arides. En Mauritanie, le bétail assure quatre fonctions simultanées :
| Fonction | Mécanisme | Espèce privilégiée |
|---|---|---|
| Épargne liquide | Le troupeau est l'équivalent d'un compte bancaire. En cas de choc, les animaux sont vendus pour générer des liquidités immédiates. | Petits ruminants (ovins, caprins) |
| Filet nutritionnel | Le lait assure un apport protéique direct au ménage, particulièrement en saison des pluies. | Camelins, bovins |
| Mobilité et adaptation | La transhumance permet de fuir les zones sinistrées et de rejoindre les pâturages disponibles. | Toutes espèces |
| Redistribution sociale | Mécanismes de don et de solidarité (zakat, prêt de têtes) permettant aux plus pauvres d'accéder au bétail lors des crises. | Petits ruminants |
Chronologie des chocs majeurs et leurs impacts
| Période/Choc | Nature | Impact sur le cheptel | Impact sur les ménages |
|---|---|---|---|
| 1972-1973 | Grande sécheresse sahélienne | Pertes massives du cheptel bovin | Sédentarisation forcée de dizaines de milliers de nomades ; début de l'urbanisation de Nouakchott |
| 1983-1984 | Sécheresse sévère | Nouvelles pertes majeures ; déstabilisation durable des systèmes pastoraux | Appauvrissement généralisé ; afflux vers les villes |
| 2002-2003 | Sécheresse + criquets pèlerins | Perte de pâturages, surmortalité du cheptel | Baisse de 70% de la collecte laitière Tiviski ; crise alimentaire localisée |
| 2008 | Sécheresse localisée | ≈45% des ménages ruraux ont perdu du bétail | Maintien de la consommation par vente préventive de petits ruminants |
| 2011-2012 | Crise alimentaire régionale + afflux de réfugiés maliens | Pression accrue sur les pâturages du Hodh | Plus de 400,000 réfugiés maliens accueillis ; compétition foncière et pastorale |
| 2014 | Sécheresse — pire de la décennie | Déstockage forcé généralisé | Baisse de la consommation par tête ; hausse de la pauvreté dans les Hodhs et le Tagant |
| 2018 | Déficit fourrager + fièvre aphteuse | Pertes fourragères de 50 à 100% dans certaines zones | FAO vaccine 200,000 têtes ; distribution d'urgence de 5,760 t d'aliments bétail |
| 2021-2022 | Déficit pluviométrique + hausse des prix (Ukraine) | Déstockage dès novembre 2021 ; vente de femelles | Crise la plus sévère depuis 10 ans (BM) ; 42 M USD débloqués (PRAPS-2) |
| 2023-2024 | Inondations + sécheresse au sud-est | Pertes dans les zones de Kaédi et Bakel | Déplacement de 1,125 personnes ; déficit fourrager dans plusieurs wilayas |
| 2025 | Fermeture de la frontière malienne + crise sécuritaire | Cheptel bloqué ; transhumance vers le Mali impossible | Marchés à bétail ralentis dans les Hodhs et l'Assaba ; crise sociale latente |
En réponse à la récurrence de ces chocs, plusieurs mécanismes de réponse ont été activés au fil des ans, avec une montée en charge des dispositifs institutionnels depuis 2015 :
| Initiative | Organisation chef de file | Action clé |
|---|---|---|
| PRAPS-1 & 2 (2015-2027) | Banque mondiale / CILSS | 362 marchés à bétail · 300 campagnes de vaccination · 180 points d'eau · 42 M USD de financement d'urgence en 2022 |
| RIMRAP (2016-2020) | Union européenne / Enabel | Résilience agropastorale dans 4 régions du sud · meilleur accès aux marchés |
| SECURALIM (en cours) | UE / Enabel · 12 M EUR | Souveraineté alimentaire · sécurisation du foncier agropastoral · chaînes de valeur locales |
| Déstockage préventif FAO | FAO / Gouvernement | Transferts monétaires · aliment bétail subventionné · vaccination d'urgence |
| Tekavoul (filets sociaux) | Gouvernement / BM | Transferts monétaires aux ménages les plus vulnérables, y compris pastoraux |
L'élevage pastoral contribue à la sécurité alimentaire en procurant des protéines d'origine animale (lait et viande) et en valorisant les ressources en sol grâce à l'apport de fumure par les déplacements des animaux.
La production nationale de lait, sur la base des résultats du RGE, est estimée à près de 984 millions de litres par an, issue essentiellement des camelins (47%) et des bovins (44.5%). Les petits ruminants ne représentent que 8.5% de la production totale. Rapportée à la population totale du pays, cette production équivaut en moyenne à 197 litres par personne et par an (RGE, 2024).
Les données sur l'approvisionnement en viande par habitant ne sont pas publiées dans les sources citées ; cette absence est consignée comme lacune de données.
L'élevage couvre les besoins nationaux en viande rouge. Avec 29.3 millions de têtes pour 4.9 millions d'habitants, la Mauritanie présente un ratio cheptel/population très élevé.
| Produit | Niveau de consommation estimé | Remarque clé |
|---|---|---|
| Lait | 197 litres/personne/an | ×4 la moyenne d'Afrique subsaharienne |
| Viande rouge | Lacune de données (non publié) | Prix élevés malgré un ratio cheptel/population record |
Situation nutritionnelle
Malgré ce potentiel pastoral, la Mauritanie présente des indicateurs nutritionnels préoccupants. 13.5% des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë globale (UNICEF/SMART, 2022), dont 2.7% sous forme sévère, dépassant le seuil d'urgence de l'OMS. 24.8% souffrent de retard de croissance, et trois quarts des enfants de moins de cinq ans sont anémiés.
Paradoxalement, ces formes de cas sont plus fréquentes dans les zones pastorales. Plusieurs facteurs peuvent expliquer pourquoi le potentiel pastoral ne se traduit pas automatiquement en bons résultats nutritionnels :
- Saisonnalité du lait : la disponibilité de lait local s'effondre en saison sèche, précisément lors des pics de malnutrition aiguë.
- Ventes forcées en période de crise : lors des sécheresses, les pasteurs liquident leur bétail pour acheter des céréales, perdant simultanément leur source de protéines et leur capital productif.
- Pratiques d'alimentation sous-optimales : le taux d'allaitement maternel exclusif n'est que de 27%, indiquant que la disponibilité locale de lait animal ne se traduit pas par des pratiques d'alimentation infantile adéquates (UNICEF/SMART, 2022).
La Mauritanie dispose d'une multitude de marchés à bétail saisonniers, hebdomadaires ou quotidiens qui structurent les circuits de commercialisation (PNDE, 2018). Les marchés primaires de collecte, proches des bassins de production ou des zones de transhumance, sont marqués par une forte saisonnalité. Les marchés de rassemblement, les marchés relais transfrontaliers et les marchés urbains de consommation fonctionnent toute l'année.
L'abattoir central de Nouakchott (Société des Abattoirs de Nouakchott) a une capacité théorique d'environ 36 tonnes de viande de gros ruminants par jour. Le pays compte 9 abattoirs au total et 31 aires d'abattage.
Les marchés à bétail de Nouakchott
La capitale abrite deux principaux marchés à bétail, situés dans la commune d'El Mina (Marbat) et la commune de Toujounine (Tenweich). Ces deux marchés concentrent l'essentiel des flux d'échanges d'animaux de la capitale.
Marchés régionaux
Les marchés ruraux constituent le premier point de collecte du bétail issu des zones pastorales. Les principaux marchés régionaux sont :
- Kiffa (Assaba) — pôle majeur de collecte du centre-sud, à 600 km de Nouakchott ;
- Aïoun el-Atrouss (Hodh El Gharbi) — pôle commercial du Hodh occidental ;
- Aleg (Brakna) — marché du Brakna, zone agropastorale de la vallée du Sénégal ;
- Kaédi (Gorgol) — marché frontalier avec accès au Sénégal et au Mali ;
- Néma (Hodh Ech Chargui) — marché de l'est mauritanien, à 1,100 km de Nouakchott.
Circuit court : pasteur → boucher → consommateur
En milieu rural et autour des villes secondaires, les circuits courts permettent aux éleveurs de vendre directement aux bouchers locaux. Ces circuits réduisent le nombre d'intermédiaires mais n'offrent pas toujours les meilleurs prix, les bouchers locaux disposant d'un important pouvoir de négociation sur ces marchés isolés.
Circuit long : pasteur → marché à bétail rural → collecteur → marché à bétail urbain → boucher → consommateur
C'est le circuit dominant pour l'approvisionnement des grandes villes. Le bétail transite par les marchés ruraux régionaux, est regroupé par les collecteurs, puis transporté vers Nouakchott ou d'autres grandes villes par des camions lourds. La durée et le coût du transport affectent sensiblement l'état des animaux et donc leur prix de vente.
Circuit laitier : producteur → centre de collecte → laiterie → distributeur → consommateur
La filière laitière locale est organisée autour de centres de collecte disséminés dans les zones pastorales (notamment dans le Trarza, le Brakna et le Gorgol). Tiviski et ses concurrents collectent le lait de plusieurs centaines de fournisseurs, le transforment à Nouakchott, puis distribuent des produits pasteurisés via un réseau de boutiques et de détaillants. L'offre reste soumise à la variabilité des pluies, ce qui contraint parfois les laiteries à recourir au lait en poudre importé pour satisfaire la demande de la clientèle.
Infrastructures commerciales
Le PRAPS (Projet Régional d'Appui au Pastoralisme au Sahel), financé par la Banque mondiale, a contribué à la réhabilitation et à la construction d'infrastructures clés : marchés à bétail, aires de repos pour le bétail en transit, sites d'abattage ruraux et mini-laiteries. Le PRAPS-2 finance des sous-projets innovants dans les filières d'élevage, avec une contribution maximale de 30,000 USD par projet (le promoteur contribuant à hauteur de 30% du coût total).
Parmi les institutions d'appui au secteur figurent également le Groupement National des Associations Coopératives Agro-Sylvo-Pastorales (GNAP), qui compte plus de 665 associations pastorales membres, et la Fédération Nationale du Bétail, créée en 2015, qui regroupe 16 coordinations régionales.
Acteurs des chaînes de valeur et leurs rôles
Le secteur mauritanien de l'élevage-viande met en relation six catégories d'acteurs dont les rôles, les marges et le pouvoir de négociation sont très inégaux.
| Acteur | Fonction | Lieu d'activité | Revenu/Commission |
|---|---|---|---|
| Éleveur nomade | Production, vente primaire | Marché à bétail rural | Prix du marché primaire |
| Agropasteur | Production, vente locale | Marchés locaux, marchés à bétail | Prix du marché local |
| Courtier | Mise en relation, négociation | Tous les marchés à bétail | Commission par transaction |
| Collecteur | Regroupement, transport | Zone rurale → ville | Marge sur prix d'achat/vente |
| Commerçant grossiste | Financement, négoce | Marchés régionaux, Nouakchott | Marge commerciale |
| Abattoir (SAN) | Abattage, contrôle sanitaire | Nouakchott | Taxe d'abattage |
| Boucher | Transformation, vente au détail | Boucheries, marchés | Marge de détail |
| Laiterie (Tiviski...) | Collecte, transformation, vente | Vallée du Sénégal, Nouakchott | Prix de vente des produits |
| Artisan du cuir | Valorisation des sous-produits | Ateliers, exportation | Valeur artisanale |
La Mauritanie est un exportateur net d'animaux vivants. En 2024, environ 852,181 têtes de bétail ont été exportées, principalement vers le Sénégal et la Gambie, pour une valeur estimée à 6.34 milliards de MRU (environ 159 millions USD) selon l'annuaire 2024 des statistiques de l'élevage.
En mars 2026, la Mauritanie a signé un protocole d'accord avec la Côte d'Ivoire pour consolider la collaboration dans le domaine du développement de l'élevage, notamment en vue d'organiser et de renforcer les exportations de bétail mauritanien vers le marché ivoirien. L'appel d'offres algérien portant sur un million de têtes d'ovins en 2026 illustre également l'attractivité croissante du bétail mauritanien à l'échelle régionale.
| Flux commercial | Valeur | Année | Formalité | Partenaires clés | Source |
|---|---|---|---|---|---|
| Exportations d'animaux vivants | 159 M USD (852,181 têtes) | 2024 | Formel | Sénégal, Gambie, Côte d'Ivoire | DSCSE |
| Exportations peaux/cuirs | 182,608 USD (1,086 t) | 2024 | Formel | Mali, Chine, Nigeria, Turquie, Ghana, Éthiopie | DSCSE/ANSADE |
| Exportations transfrontalières informelles | Non quantifié | N/A | Informel | Sénégal, Mali | N/A |
Principaux corridors commerciaux transfrontaliers
- Corridor Sud — Sénégal (corridor dominant) : les exportations de moutons mauritaniens couvrent une part majeure de la demande sénégalaise lors de la Tabaski. Postes principaux : Saint-Louis, Matam, Bakel, Podor, Kidira.
- Corridor Est — Mali : les échanges formellement documentés portent sur environ 20,000 têtes de bovins et de petits ruminants par an. Ce corridor a perdu en importance relative en raison de la dégradation de la situation sécuritaire le long des frontières orientales mauritaniennes depuis 2020.
- Corridor Nord — Algérie (en cours de formalisation depuis 2024) : l'ouverture du poste frontière officiel de Tindouf en février 2024, le lancement des travaux de la route Tindouf-Zouerate et la création d'une zone de libre-échange marquent une formalisation accélérée de ce corridor. En avril 2026, plus de 30 convois commerciaux algériens avaient été lancés depuis Tindouf vers la Mauritanie.
Une grande partie des échanges reste informelle et non enregistrée dans les statistiques officielles, conduisant à une sous-évaluation significative des contributions réelles du secteur. La fermeture de la frontière malienne en 2025 a illustré la fragilité de ces circuits.
Le commerce transfrontalier informel de bétail est lui-même reconnu par les autorités comme la forme majoritaire de commerce en Mauritanie. Il s'opère principalement par trois mécanismes : la transhumance non déclarée (qui se convertit en ventes sur les marchés frontaliers), les franchissements clandestins hors des postes officiels, et la triangulation commerciale via des pays tiers, qui n'est pas enregistrée au départ de Mauritanie.
Lacune de données — commerce informel non quantifié. La valeur du commerce transfrontalier informel de bétail n'est pas quantifiée dans le présent brief : aucune estimation, fourchette d'ordre de grandeur ni décompte de têtes n'est disponible dans les sources mauritaniennes actuelles, et il n'existe pas d'enquête équivalente sur le commerce transfrontalier informel (CTI) pour les corridors mauritaniens. Cette absence est consignée comme une lacune réellement indisponible (voir Section 5, Tableau 3) plutôt que comme un chiffre omis. L'absence de chiffre est en soi significative : elle constitue la raison principale pour laquelle la contribution réelle du secteur est structurellement sous-estimée, et elle est signalée honnêtement ici plutôt que comblée par une estimation non sourcée.
Cette section identifie les principales lacunes en données et limites de mesure qui affectent la reconnaissance des contributions pastorales en Mauritanie. La sous-estimation de la contribution de l'élevage est due en grande partie aux manquements ou à l'inexistence de données sur le secteur informel, qui occupe une grande place dans les transactions commerciales.
| Catégorie de données | Description du manque | Impact sur la reconnaissance | Action possible |
|---|---|---|---|
| Contribution au PIB | Commerce informel (aucun document ne quantifie la taille du secteur informel) | PIB pastoral structurellement sous-estimé → sous-investissement public | Réviser la méthodologie des comptes nationaux ; inclure les flux informels et l'autoconsommation |
| Population animale | Absence de recensement régulier | Effectifs inconnus → incapacité à planifier ou évaluer les chocs | Institutionnaliser le RGE tous les 5 ans + suivi satellitaire |
| Données commerciales | Exportations informelles non enregistrées | Devises invisibles → poids fiscal nul → arbitrages budgétaires défavorables | Mise en place de postes de comptage aux frontières |
| Enquêtes ménages | Pas d'enquêtes ménages pastoraux couvrant toutes les régions | Méconnaissance de la population pastorale → politiques mal ciblées | Intégrer une enquête des ménages pastoraux dans le RGE |
| Mécanismes de formation des prix de marché | permettent d'analyser la formation des prix, la quantité de bétail offerte par rapport au bétail vendu, le rôle des acteurs ou le système fiscal | Les statistiques de prix et de flux commerciaux restent partielles et ne reflètent pas le fonctionnement réel des marchés | Mieux organiser les marchés ; mener des enquêtes quantitatives et qualitatives dédiées sur les différents types de marchés, comme le recommande explicitement le Ministère de l'Élevage |
| Emploi indirect des chaînes de valeur | Pas de données sur l'emploi généré en amont et en aval du secteur (approvisionnement en intrants, transport de bétail, négoce sur les marchés, transformation laitière hors exploitation, services vétérinaires privés) | La contribution totale du secteur à l'emploi national est sous-estimée, l'emploi indirect des chaînes de valeur restant invisible dans une enquête centrée sur les exploitations d'élevage | Mener une étude dédiée sur l'emploi indirect dans la chaîne de valeur élevage-viande (enquête auprès des acteurs du négoce, du transport et des services) |
6.1 Principales Conclusions
L'élevage mauritanien est un pilier économique et social de première importance. Avec une contribution de 10.3% au PIB national et 66.8% de la valeur ajoutée agricole, le secteur dépasse en importance économique relative les secteurs extractifs dans de nombreuses régions du pays. Il assure l'autosuffisance en viande rouge, génère des revenus pour 60% de la population nationale et emploie directement près de 590,000 personnes selon le RGE 2024.
Le RGE 2024 constitue une rupture historique dans la connaissance du secteur. Il révèle un cheptel national de 29 millions de têtes et fournit pour la première fois une base de données fiable pour la planification nationale. Combiné avec le RGPH 5 (2023) et l'EPCV 2025, il offre les fondements d'une révision complète de la mesure de la contribution pastorale.
L'intégration aux marchés demeure le défi central. L'accès au marché reste profondément inégal. La fermeture de la frontière malienne en 2025 a illustré de manière aiguë comment des facteurs géopolitiques peuvent soudainement couper des marchés vitaux pour des communautés entières.
6.2 Implications Politiques
- Intégrer les flux pastoraux informels dans les comptes nationaux : la révision de la méthodologie des comptes nationaux pour inclure l'autoconsommation (valorisée aux prix du marché) et les flux transfrontaliers informels est une priorité pour corriger la sous-évaluation structurelle du secteur.
- Institutionnaliser le Recensement Général de l'Élevage (tous les 5 ans) afin de disposer de données à jour sur le cheptel national et de les intégrer dans les politiques de développement pastoral.
- Organiser les marchés et les transactions afin de disposer d'un suivi des flux en matière de prix et de volume de bétail échangé sur le territoire national.
- Sécuriser la transhumance interne et transfrontalière par la mise en place de couloirs de transhumance reconnus et balisés, afin de mieux gérer les flux et éviter les conflits liés à la divagation des animaux.
- Renforcer les accords bilatéraux avec les pays voisins, notamment le Mali et le Sénégal, concernant la sécurisation de la transhumance et du commerce de bétail mauritanien.
- Inclure une enquête des ménages pastoraux dans le RGE afin de mieux connaître la population pastorale sur le territoire national.
- Agence nationale de la statistique et de l'analyse démographique et économique (ANSADE). 2025. Recensement général de l'élevage (RGE 2024). Nouakchott, Mauritanie.
- Agence nationale de la statistique et de l'analyse démographique et économique (ANSADE). 2023. Recensement général de la population et de l'habitat (RGPH 5). Nouakchott, Mauritanie.
- Agence nationale de la statistique et de l'analyse démographique et économique (ANSADE). 2021. Synthèse des résultats de l'enquête permanente sur les conditions de vie en Mauritanie (EPCV 2019–2020). Nouakchott, Mauritanie.
- Agence nationale de la statistique et de l'analyse démographique et économique (ANSADE). 2025. Annuaire des statistiques du commerce extérieur 2024. Nouakchott, Mauritanie.
- Agence nationale de la statistique et de l'analyse démographique et économique (ANSADE). 2026. Annuaire des statistiques du commerce extérieur 2025. Nouakchott, Mauritanie.
- Agence nationale de la statistique et de l'analyse démographique et économique (ANSADE). 2026. Note trimestrielle du commerce extérieur de la Mauritanie — Premier trimestre 2026. Nouakchott, Mauritanie.
- Banque Africaine de Développement (BAD). 2025. Rapport économique sur la Mauritanie. Abidjan.
- Banque mondiale. 2024. Indicateurs du développement mondial — Mauritanie. Washington D.C.
- Direction des stratégies, de la coopération, du suivi et de l'évaluation (DSCSE). 2024. Annuaire statistiques de l'élevage. Ministère de l'Élevage, Mauritanie.
- FAO. 2026. Le pastoralisme en Mauritanie : un secteur résilient face aux chocs climatiques et économiques. Rome. https://doi.org/10.4060/cd8748fr
- Hiernaux, P., Diawara, M. et Gangneron, F. 2014. « Quelle accessibilité aux ressources pastorales du Sahel ? », Afrique contemporaine, n° 249, p. 21–34.
- Ministère de l'Agriculture. 2015. Plan national de développement agricole (PNDA) 2015–2025. Nouakchott, Mauritanie.
- Ministère de l'Économie et des Finances (MEF). 2017. Stratégie de croissance accélérée et de prospérité partagée (SCAPP 2016–2030). Nouakchott, Mauritanie.
- Ministère de l'Économie et des Finances (MEF). 2025. Note annuelle sectorielle sur la mise en œuvre (NASMO) du Second Plan d'actions de la SCAPP 2021–2025. Nouakchott, Mauritanie.
- Ministère de l'Économie et des Finances (MEF). 2026. Rapport final du Second Plan d'actions de la SCAPP 2021–2025. Nouakchott, Mauritanie.
- Ministère de l'Élevage. 2018. Plan national de développement de l'élevage (PNDE) 2018–2025. Nouakchott, Mauritanie.
- Ministère du Développement Rural. 2013. Stratégie de développement du secteur rural (SDSR). Nouakchott, Mauritanie.
- Ndiaye, A., Mardesic, I., Velasco-Gil, G. et Ouattara, C.I. 2025. Le pastoralisme au Sahel : évaluation économique, chocs et stratégies d'adaptation. Les cas du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie et du Niger. Rome, FAO. https://doi.org/10.4060/cd5829fr
- UNICEF. 2022. Enquête SMART — Rapport sur la situation nutritionnelle en Mauritanie. Nouakchott.
- Université de Pau. 2020. Étude économétrique sur le lien entre possession de bétail et sécurité alimentaire en Mauritanie. Pau, France.
- Wane, A., Touré, I., Ndiaye, A., Diouf Mballo, A., Duteurtre, G., Alary, V. et Corniaux, C. 2017. Revenus des pasteurs et agro-pasteurs dans la zone d'intervention du PRAPS en Mauritanie. CIRAD-PPZS, Dakar.
- Wane, A., Touré, I., Mballo, A.D., Ndiaye, A., Souli, Z., Ramde, P., Ba Diao, M., et Yaro Botoni, E. 2024. Analyse des évolutions des revenus et des réactions des ménages agro-pastoraux sahéliens face aux chocs dans la zone d'intervention du PRAPS. Note Technique. Co-édition ILRI-CIRAD-CILSS.
Annexe - Contenu additionnel hors structure du modèle principal
Déplacé ici verbatim par le pipeline de mise en forme : sous-structure de l'auteur ne relevant pas du modèle principal. Rien n'a été supprimé ; réintégrer dans le corps du texte ci-dessus si souhaité.
2. Systèmes de Production Animale
L'élevage en Mauritanie se caractérise par une diversité de systèmes de production comprenant les systèmes extensifs transhumants, les systèmes extensifs sédentaires, et les systèmes semi-intensifs et intensifs, plus proches des villes ou des voies de commercialisation (FAO, 2026).
Selon le Plan National de Développement de l'Élevage (PNDE), les systèmes pastoraux en Mauritanie se définissent comme suit :
- Les systèmes pastoraux nomades
- Les systèmes pastoraux et agropastoraux transhumants
- Les systèmes agropastoraux à élevage sédentaire associé à l'agriculture
- Les systèmes extensifs urbains
- Les systèmes semi-extensifs
D'après les résultats du RGE 2024, chaque type de système peut être caractérisé comme suit :
- Système pastoral nomade : Déplacements continus sur de longues distances suivant les pluies et la disponibilité fourragère. Dominant chez les communautés maures du nord et du centre, avec un élevage principalement camelin, caprin et ovin.
- Système pastoral et agropastoral transhumant : Mobilité saisonnière nord-sud. Ce système concerne 2,709,485 têtes de bovins (44.1% de l'effectif national), 1,557,266 camelins (77.8%) et 9,026,498 petits ruminants (42.6%).
- Système extensif des ménages ruraux sédentaires : 3,202,501 bovins, 380,206 camelins et 11,107,030 petits ruminants. Représente 52% de l'effectif bovin national, concentré principalement dans les wilayas de Hodh Chargui (28%), Hodh El Gharbi (19%), Guidimakha (19%) et Assaba (11%).
- Système semi-intensif urbain et péri-urbain : 885 exploitations urbaines et 877 ménages urbains, concernant 224,873 bovins, 60,391 camelins et 984,320 petits ruminants. L'élevage urbain prend de l'importance avec 9% des caprins, 4% des bovins et 3% des camelins.
- Système intensif moderne : Effectifs limités (3,190 bovins, 4,149 ovins, 2,838 caprins) concentrés dans le Trarza, le Gorgol et le Brakna, principalement orientés vers la production laitière.
En termes de répartition régionale, la Wilaya du Hodh Chargui apparaît comme la région de loin la mieux dotée, toutes espèces confondues, suivie par les Wilayas du Hodh El Gharbi, de l'Assaba et du Trarza. Le Guidimakha et le Gorgol présentent des effectifs importants en bovins mais pas en camelins. Les Wilayas du Nord, y compris le Tagant, sont surtout dotées de camelins et, dans une moindre mesure, de caprins. La Wilaya du Brakna est relativement bien dotée en gros et petits ruminants. Nouakchott reste globalement assez faiblement dotée en cheptel, avec toutefois plus de cent mille petits ruminants pour ses trois wilayas réunies (ANSADE, RGE-2024).
Le Recensement Général de l'Élevage (RGE) 2024 distingue plusieurs systèmes de production, dont deux relèvent explicitement du pastoralisme au sens strict (élevage extensif fondé sur le pâturage naturel) :
| Système d'élevage | Part du cheptel | Nature |
|---|---|---|
| Élevage extensif des ménages ruraux pastoraux sédentaires | 52% | Pastoral |
| Élevage transhumant | 44% | Pastoral |
| Élevage bovin urbain (semi-intensif/intensif) | 3.3% | Non pastoral |
Calcul
Part pastorale = élevage sédentaire rural (52%) + élevage transhumant (44%) = 96%
Le reliquat (≈4%, dont 3.3% d'élevage bovin urbain identifié) correspond aux systèmes intensifs, semi-intensifs et urbains.
Part du pastoralisme dans le PIB de l'élevage ≈ 96%
Pour situer ce résultat à l'échelle de l'économie nationale, cette part est multipliée par la contribution totale du secteur au PIB : 9.9% = 10.3% (PIB élevage) × 96% (part pastorale).
| Indicateur | Valeur | Ce qu'il mesure |
|---|---|---|
| Part du pastoralisme dans le PIB de l'élevage | ≈ 96% | Part relative, au sein des 10.3% |
| Contribution du pastoralisme au PIB national | ≈ 9.9 points de PIB | Contribution absolue à l'économie globale |
| Contribution des systèmes intensifs/semi-intensifs/urbains | ≈ 0.4 point de PIB | Reliquat non pastoral |
Les principaux groupes pastoraux sont les Maures, les Peuls, les Soninké et les Wolofs.
Les Maures occupent l'essentiel du nord et du centre du pays. Leur système pastoral repose fondamentalement sur l'élevage camelin (dromadaires), complété par des caprins et des ovins. Les troupeaux constituent un signe de richesse, de prestige social et une réserve de valeur économique. Zones principales : Adrar, Tagant, Tiris Zemmour, Inchiri, Trarza, les deux Hodhs, Assaba.
Les Peuls sont l'un des grands groupes pasteurs transhumants d'Afrique de l'Ouest. En Mauritanie, ils sont principalement établis dans la bande sahélienne centrale et méridionale. Leur identité est profondément liée au bétail, notamment aux zébus. Leur système de transhumance suit un cycle nord-sud selon les saisons. Zones principales : Brakna, Gorgol, Guidimakha, Hodh El Gharbi, Hodh Ech Chargui, Assaba.
Les Soninké sont un peuple agropastoral établi dans le sud-est et le sud du pays, principalement dans le Guidimakha et le Gorgol. Ils combinent cultures céréalières (mil, sorgho) et petit élevage dans un mode de vie agropastoral sédentaire.
Les Wolofs occupent l'extrême sud-ouest, en continuité géographique et culturelle avec le Sénégal. Ils pratiquent un agropastoralisme associant cultures de décrue et élevage, principalement dans le Trarza.
En 2024, à travers l'Agence Nationale de la Statistique et de l'Analyse Démographique et Économique (ANSADE) et avec l'appui technique de la FAO, la Mauritanie a réalisé son premier Recensement Général de l'Élevage (RGE). Cette initiative constitue une grande avancée pour la mise à jour des données sectorielles.
Ce recensement a abouti aux résultats suivants : 6,147,368 têtes de bovins, 2,001,277 têtes de camelins, 13,915,459 têtes d'ovins et 7,275,809 têtes de caprins. À ces effectifs s'ajoutent 113,727 têtes de chevaux et 562,996 ânes (ANSADE, 2024).
| Espèce | Fermes | Exploit. urbaines | Ménages urbains | Ménages ruraux | Transhumants | Marchés | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Bovins | 3,190 | 18,993 | 205,880 | 3,202,501 | 2,709,485 | 7,319 | 6,147,368 |
| Camelins | 204 | 21,532 | 38,859 | 380,206 | 1,557,266 | 3,210 | 2,001,277 |
| Ovins | 4,149 | 24,970 | 329,123 | 6,726,198 | 6,779,501 | 51,518 | 13,915,459 |
| Caprins | 2,838 | 12,305 | 617,922 | 4,380,832 | 2,246,997 | 14,915 | 7,275,809 |
| Chevaux | 30 | 255 | 7,094 | 93,272 | 13,076 | — | 113,727 |
| Ânes | 15 | 217 | 41,685 | 391,260 | 129,819 | — | 562,996 |
| Source : RGE 2024, ANSADE | |||||||
Méthodologie
Le taux de prélèvement est calculé pour chaque espèce selon la formule suivante :
Taux de prélèvement = (Abattage contrôlé + Abattage ménage + Expéditions d'animaux vivants) ÷ Effectif du cheptel (RGE 2024)
- Abattage contrôlé : somme de 12 mois, Tableaux 17 à 19 de l'Annuaire (toutes les wilayas, y compris Nouakchott).
- Abattage ménage : Tableau 20 de l'Annuaire — disponible pour Nouakchott uniquement.
- Expéditions d'animaux vivants : somme de 12 mois, Tableaux 14 à 16 de l'Annuaire (animaux vivants transportés pour vente, y compris hors du pays).
- Effectifs du cheptel : Recensement Général de l'Élevage (RGE) 2024, au 31/12/2024.
La valeur monétaire est estimée en multipliant le nombre total de têtes prélevées par un prix moyen national par tête, reconstitué à partir des prix mensuels moyens par wilaya publiés dans l'Annuaire (Tableaux 21 à 24) : prix du veau pour les bovins, prix du chamelon pour les camelins, et moyenne pondérée des prix du bélier/bouc pour les petits ruminants (pondération établie selon la part respective des ovins et des caprins dans le cheptel national).
Résultats 2024
| Espèce | Prélèvement total | Cheptel RGE 2024 | Taux de prélèvement | Valeur estimée (milliards MRU) |
|---|---|---|---|---|
| Bovins | 211,703 | 6,147,368 | 3.4% | ≈ 2.9 |
| Camelins | 131,948 | 2,001,277 | 6.6% | ≈ 4.9 |
| Petits ruminants | 1,061,762 | 21,191,268 | 5.0% | ≈ 5.2 |
| Total | 1,405,413 | — | — | ≈ 13.0 |
| Sources : Annuaire DSCSE 2024, Tableaux 14 à 24 ; RGE 2024. | ||||
Ces taux sont nettement inférieurs à ceux observés dans les systèmes d'élevage intensifs ou commerciaux (généralement 20 à 30% par an), ce qui est cohérent avec la nature extensive et pastorale de l'élevage mauritanien, où le cheptel joue avant tout un rôle de capital sur pied et d'épargne plutôt qu'un flux commercial rapide.
| Wilaya | Bovins | Camelins | Ovins | Caprins | Équins | Nb ménages |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Hodh Chargui | 887,787 | 145,996 | 3,012,380 | 941,019 | 118,883 | 59,842 |
| Hodh El Gharbi | 610,571 | 46,421 | 792,698 | 546,161 | 65,766 | 39,120 |
| Assaba | 345,451 | 14,926 | 879,672 | 598,520 | 75,594 | 41,122 |
| Gorgol | 298,701 | 2,997 | 477,659 | 545,424 | 76,086 | 35,588 |
| Brakna | 182,515 | 25,878 | 525,414 | 693,612 | 68,648 | 32,325 |
| Trarza | 240,384 | 76,825 | 623,911 | 494,226 | 20,593 | 28,497 |
| Tagant | 36,113 | 28,807 | 100,684 | 210,331 | 13,289 | 10,307 |
| Guidimakha | 600,816 | 1,571 | 279,438 | 241,451 | 43,697 | 21,556 |
| Wilayas Nord | 163 | 36,785 | 34,342 | 110,088 | 1,976 | 5,283 |
| Total | 3,202,501 | 380,206 | 6,726,198 | 4,380,832 | 484,532 | 273,640 |
| Source : RGE 2024 | ||||||
| Espèce | Fermes | Exploit. urbaines | Ménages urbains | Ménages ruraux | Transhumants | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Bovins | 489,510 | 2,954,205 | 16,585,695 | 203,116,275 | 214,920,540 | 438,066,225 |
| Camelins | 73,365 | 6,953,250 | 8,497,565 | 74,604,540 | 371,775,860 | 461,904,580 |
| Ovins | 6,780 | 77,880 | 1,224,360 | 23,084,340 | 19,958,880 | 44,382,240 |
| Caprins | 16,200 | 86,850 | 3,401,625 | 26,022,150 | 9,909,225 | 39,436,050 |
| Total | 585,855 | 10,072,185 | 29,709,245 | 326,827,305 | 616,564,505 | 983,789,095 |
| Source : RGE 2024 et estimation ANSADE | ||||||